Interview de Gabriel, co-fondateur de CEDE Labs 

Gabriel Bega­zo est en 5GE. Il est fran­co-péru­vien, âgé de 22 ans, et co-fon­da­teur d’une star­tup qui existe offi­ciel­le­ment depuis 7 mois : CEDE Labs. Une start-up pour faci­li­ter la vie aux uti­li­sa­teurs des éco­sys­tèmes cryp­to, et qui se rêve déjà en futur grand acteur de la finance décen­tra­li­sée. Il est pas­sé à l’Insatiable pour nous accor­der une petite inter­view ! 

A par­tir de quel moment tu as vou­lu deve­nir entre­pre­neur ? 

Depuis au moins 5–6 ans… quand j’étais tout petit et qu’on me posait la ques­tion habi­tuelle « qu’est-ce que tu veux deve­nir plus tard ? », je répon­dais que je vou­lais deve­nir PDG sans vrai­ment savoir pour­quoi (rires). Je crois que ce qui m’intéresse là-dedans c’est d’être maître de soi, de ne pas dépendre de quelqu’un, d’être actif et sur­tout la prise de déci­sions : prendre des déci­sions qui vont impac­ter ta vie, ton entre­prise et poten­tiel­le­ment d’autres aus­si ! 

Pour­quoi les cryp­tos ? Pour deve­nir riche ou pour sau­ver le monde de la dic­ta­ture des banques ? Ou quelque part entre les deux ? (rires) 

Hon­nê­te­ment ça se rap­proche beau­coup plus du deuxième point. J’ai com­men­cé à m’intérésser au cryp­tos vers 2016 à tra­vers le bit­coin… ok y avait cette idée de faire un peu d’argent, on va pas se men­tir, l’immense majo­ri­té des gens rentrent dans l’écosystème comme ça. Mais quand j’ai com­men­cé à faire mes recherches ce qui m’a le plus plu c’est le par­fait alliage entre la tech­nique, l’idéologie qu’il y a der­rière, et l’économie ! Je m’intéresse beau­coup aux ques­tions liées à la mon­naie, qui sont fon­da­men­tales même si les gens se les posent peu. Du coup je crois vrai­ment dans les cryp­to­mon­naies étant très peu satis­fait du sys­tème moné­taire actuel : des mon­naies diri­gées par des banques cen­trales qui peuvent impri­mer autant de mon­naie qu’elles le sou­haitent – on le voit avec l’euro en ce moment – Pour moi ça ne fait pas sens ! J’aime beau­coup dans les cryp­tos l’idéologie de la décen­tra­li­sa­tion. Les règles sont écrites dans un algo­rithme et connues par tous, y a vrai­ment cette idée de trans­pa­rence qu’on ne retrouve pas dans les mon­naies fidu­ciaires… 

Pour­quoi t’as entre­pris là-dedans ? Com­ment l’opportunité s’est pré­sen­tée à toi ? 

Moi je ne pen­sais pas créer une entre­prise aus­si­tôt, je pen­sais plus à finir mes études, être sala­rié, construire une expé­rience, voir com­ment marchent dif­fé­rentes entre­prises, et puis ensuite fort de cette expé­rience créer une entre­prise ou plu­sieurs, mais fina­le­ment c’est arri­vé plu­tôt que pré­vu, via une asso­cia­tion que j’ai créée « Kryp­tos­phere ». Rapi­de­ment c’est une asso étu­diante dans l’écosystème des cryp­tos et blo­ck­chain qui est pré­sente dans plein d’écoles d’ingé, de com­merce… Du coup moi je vou­lais créer une antenne à Lyon. C’était super parce que j’ai rejoint un gros réseau, j’ai ren­con­tré plein de gens d’autres antennes. Puis en août 2021, à l’une des plus grosses confé­rences sur le Bit­coin en Europe, à Bier­ritz – j’y suis allé grâce à Kryp­tos­phere en aidant à l’orga – j’ai ren­con­tré un autre gars d’une autre antenne. On échan­geait, il m’a dit qu’il avait une idée, qu’il vou­lait créer une boîte, et comme l’aspect entre­pre­na­rial me plai­sait beau­coup et que j’aimais son idée, on a gar­dé contact, on s’est rap­pe­lés, le fee­ling est bien pas­sé et on s’est asso­ciés ! 

Et peux-tu nous décrire le rôle de CEDE Labs ? 

Pour t’expliquer qu’est-ce qu’on fait, il faut savoir que dans l’écosystème cryp­to il y a deux mondes prin­ci­paux : il y a le monde cen­tra­li­sé de l’écosystème (CeFi), où on va trou­ver des sortes de banques mais pour les cryp­tos, des entre­prises qui vont gérer tes cryp­to­mon­naies, donc tu passes par un tiers de confiance et là on va trou­ver des entre­prises comme Binance… C’est sou­vent avec ce monde cen­tra­li­sé que les débu­tants vont com­men­cer, c’est plus facile, l’user expe­rience est meilleure, plus simple en géné­ral, et c’est aus­si là où tu peux faci­le­ment ache­ter des cryp­to­mon­naies. Ensuite il y a le monde décen­tra­li­sé (DeFI) où on va se pas­ser de ce tiers de confiance, entre autres grâce à une tech­no­lo­gie des smart contracts, des pro­grammes infor­ma­tiques qui per­mettent d’automatiser les choses… C’est vache­ment inté­res­sant, d’un point de vue idéo­lo­gique déjà parce que tu es le maître de tes cryp­to­mon­naies, tu es le maître de tes don­nées, et y a per­sonne qui va t’interdire par exemple de trans­fé­rer tes fonds… d’un point de vue finan­cier aus­si on est moins à se répar­tir les parts du gâteau, donc on va avoir des pla­ce­ments plus inté­res­sants.  

Quand on est uti­li­sa­teur de l’écosystème cryp­to, on va sou­vent uti­li­ser ces deux mondes parce que chaque monde a ses avan­tages et ses incon­vé­nients. Ce qu’on fait avec CEDE Labs, c’est qu’on cherche à agré­ger toutes ces appli­ca­tions, tous ces ser­vices, parce qu’on s’est ren­du compte qu’en tant qu’utilisateur on va uti­li­ser plein de ser­vices en même temps et tout ça amène à une mau­vaise ges­tion de ton por­te­feuille, et tu va perdre de temps à gérer tes dif­fé­rents actifs. Donc nous on a deux pro­duits : le pre­mier est une inter­face – un dash­board – sur­le­quel on va agré­ger l’ensemble des appli­ca­tions et des ser­vices pour que tu puisses mana­ger l’ensemble de ton port­fo­lio cryp­to, et ça on le fait via notre second pro­duit qui s’appelle CD.store, qui est une exten­sion de navi­ga­teur qui va inté­grer le monde cen­tra­li­sé de l’écosystème sur notre dash­board. En une phrase ce qu’on fait c’est une pla­te­forme pour faci­li­ter la visua­li­sa­tion et la ges­tion de ton port­fo­lio cryp­to ! 

Cool ! Et quel est ton rôle dans la boîte ?  

Alors pour pré­ci­ser ce que je fais moi, je suis COO donc je m’occupe de toute la par­tie opé­ra­tion­nelle, c’est-à-dire tout ce qui est légal, les contrats, la par­tie finan­cière, gérer les paye­ments, les fac­tures… Pas mal de pape­rasse, ça c’est la par­tie la moins inté­res­sante du tra­vail (rires), mais après d’autres par­ties très inté­res­santes : la levée de fonds, contac­ter des inves­tis­seurs, pré­sen­ter le pro­jet à de futurs uti­li­sa­teurs, la par­tie recru­te­ment, et plus tard pas mal de tra­vail avec les futurs par­te­naires pour cher­cher des syner­gies avec d’autres pro­duits. C’est vrai que c’est assez large, et c’est ce qui est pas­sio­nant quand on com­mence une boîte c’est que sou­vent on n’a pas un rôle bien défi­ni mais on fait plein de choses puisqu’il y a tout à faire et construire ! 

Ce sont des savoir-faire que tu as acqué­ri tout seul du coup ? 

Effec­ti­ve­ment c’est des choses que j’ai pas du tout appris à l’insa (rires), donc effec­ti­ve­ment j’ai appris sur le ter­rain en me for­mant, en dis­cu­tant avec des gens beau­coup plus expé­ri­men­tés que moi, et j’ai encore beau­coup de choses à apprendre… En géné­ral, j’ai appris à une vitesse assez folle pour plu­sieurs rai­sons : la pas­sion que j’y mets, et j’ai vrai­ment l’impression qu’on apprend beau­coup plus vite sur la pra­tique ! On peut avoir des cours en école de com­merce, mais c’est tou­jours mieux au final d’être dans la pra­tique, on apprend plus rapi­de­ment. 

Ca te prend com­bien de temps à peu près ? Tu arrives à marier ça avec les études ? 

Je t’avoue que c’est com­pli­qué, parce que je n’ai jamais fait que ça, j’avais tou­jours des choses à côté. Quand on a com­men­cé – en août 2021 – je ren­trais en sep­tembre en stage à Paris, stage de 4GE. Je fai­sais à peu près du 9h-18h, alors les midis je tra­vaillais pas mal, même en jour­née j’avais des appels. Glo­ba­le­ment je tra­vaillais beau­coup, les soirs, les week end, et pen­dant les vacances… Au début on allait quand même pas très vite, on était que deux, donc y avait pas une grosse pres­sion de temps. Par la suite j’ai rame­né deux amis à moi qui étaient alter­nants ; ce qui est impor­tant je pense, quand on se lance dans un pro­jet comme ça, entre­pre­neu­rial ou pas, c’est qu’on ait des objec­tifs com­muns. On avait tous une ambi­tion assez forte, on était pas là pour s’amuser, on voyait à long terme. Après les choses ont com­men­cé à s’accélérer, sur­tout avec la levée de fonds et les appels avec les inves­tis­seurs. On sen­tait un peu plus le truc sérieux et on se met­tait peut-être plus auto­ma­ti­que­ment la pres­sion. 

Le capi­tal venait entiè­re­ment des levées de fonds ? Vous avez fait des cré­dits ? 

Au début nous on a mis un peu d’argent pour créer la socié­té. Offi­ciel­le­ment elle existe depuis décembre 2021. En tout on a peut-être mis… 1500 euros cha­cun ? Ca repré­sen­tait quand même une somme impor­tante pour moi. On a fait notre levée de fonds vers février, mais on n’a com­men­cé à per­ce­voir l’argent de la part d’investisseurs qu’en juin. Jusque là on tra­vaillait bien sûr sans être payés, mais en même temps on avait pas beau­coup de frais, donc l’argent qui a été mis était suf­fi­sant, ça nous a per­mis de payer des frais d’avocats pour créer la boîte, des frais tech­niques… Puis on a eu de la chance au bout d’un moment on a été contac­tés par Sta­tion F, qui est le plus pros incu­ba­teurs de Startup’s en Europe, et qui aident à démar­rer sur plu­sieurs plans. On les a rejoint depuis sep­tembre donc main­te­nant on a des locaux là-bas. Avant le début de l’INSA j’y allais tout le temps, main­te­nant avec les cours c’est une situa­tion com­pli­quée. J’ai hâte de finir l’INSA ! Je dirais que l’école m’a appris à apprendre, mais j’ai la sen­sa­tion que main­te­nant ça ne me sert plus à grand-chose, d’autant plus que ce que je fais n’a rien à voir avec ma spé­cia­li­té. Mais je conti­nue quand même, pour avoir un diplôme évi­dem­ment qui est une sécu­ri­té aus­si au cas où la socié­té ne fonc­tionne pas – ce qui entre nous est très pro­bable - 

Quelle inci­dence ça a eu sur ta per­son­na­li­té ? Ton rap­port aux gens ? Aux temps ?  

C’est vrai qu’on perd un peu en spon­ta­néi­té (rires). Clai­re­ment, mon rap­port au temps a beau­coup chan­gé. J’ai appris à mieux m’organiser et je suis en constante amé­lio­ra­tion, j’essaie d’optimiser mon temps… Cela ne veut pas dire que je suis un robot et que je ne pense qu’à tra­vailler, j’ai besoin de moments pour moi, mes amis et ma famille. Mais c’est vrai que glo­ba­le­ment je time beau­coup plus ce que je fais. J’ai per­du la notion du week end aus­si… je ne remarque pas de grosse dif­fé­rence avec le reste des jours. Mais je ne le vois pas comme quelque chose de néga­tif, j’ai l’impression d’être plus effi­cace dans mon tra­vail. 

Une ques­tion un peu cari­ca­tu­rale, entre­prendre nous force-t-il à deve­nir de droite ? 

Je pense pas… Pour être hon­nête moi je suis un peu plus de droite de base, je crois beau­coup à la méri­to­cra­tie. Ce qui a chan­gé c’est que je vois plus concrè­te­ment les choses, alors par­fois ça me choque, je vois la len­teur de l’administration, les impôts, y a beau­coup de pro­blèmes même si il y a des aides aus­si, par exemple un très bon accom­pa­gne­ment de la BPI – la banque publique d’investissement – qui aide beau­coup sur plein d’aspects. Je suis fier du modèle fran­çais hein, mais je me consi­dère glo­ba­ble­ment comme un libé­ral donc j’aimerai qu’on fasse beau­coup plus pour les entre­pre­neurs, les gens qui crèent. Si on aide des petites star­tup, ça béné­fi­cie à toute la socié­té. Je pense que la France devrait avoir un regard beau­coup intel­li­gent, de mettre tout à dis­po­si­tion du déve­lop­pe­ment des star­tup, moins mettre de bâtons dans les roues, donc ça passe par un allè­ge­ment à mon avis de la fis­ca­li­té, et faire en sorte que quand les boîtes naissent elle res­tent en France ! Je trouve qu’actuellement on fait pas mal de choses, mais on peut faire mieux. 

Pour finir, est-ce que tu conseille­rai ça ? 

Pour moi la réponse est oui clai­re­ment (rires). Je suis extrê­me­ment recon­nais­sant et très heu­reux actuel­le­ment dans ma vie, même s’il y a des sacri­fices à faire… Après ça dépend des carac­tères, donc je dirais pas for­cé­ment à tout le monde de se lan­cer, mais y a beau­coup de per­sonnes qui devraient s’intéresser à ça parce qu’on apprend énor­mé­ment. Tu peux ren­con­trer des gens géniaux. Aus­si, ce n’est pas l’objectif prin­ci­pal mais si ta star­tup marche, ça peut te rap­por­ter beau­coup d’argent et être à l’aise pour la suite afin de pou­voir finan­cer d’autres pro­jets ! Donc si c’était à refaire je le refe­rai for­cé­ment ! 

Un autre avan­tage à entre­prendre aus­si jeune, c’est que ton âge joue sou­vent en ta faveur et pas l’inverse. On peut se dire que les gens te prennent pas au sérieux, mais du moment que t’arrive à mon­trer ton sérieux ça les impres­sionne, et les gens te feront confiance parce qu’ils savent que tu peux aller plus loin. Etre jeune c’est le bon moment aus­si à mon avis parce que tu as le droit à l’erreur. Si t’as une situa­tion finan­cière stable, le risque c’est de res­ter dans sa zone de confort – pour­quoi je quit­te­rai mon entre­prise pour par­tir de zéro ? – ou si tu as des res­pon­sa­bi­li­tés… Là dans notre cas même si ça marche pas c’est pas grave, je peux retrou­ver un tra­vail, je n’ai rien à perdre. Pour ces rai­sons je pense que c’est une super période pour se lan­cer !  

Juste pour finir… j’ai une grande conscience des défis de notre socié­té et qui ne sont pas for­cé­ment dans l’écosystème cryp­to ou finan­cier tu vois. J’ai conscience que mon pro­jet entre­pre­na­rial actuel­le­ment n’est pas – de mon point de vue en tous cas – de ceux qui font le plus de bien à l’humanité. Mais je le fais déjà parce que ça me pas­sionne et que j’en ai eu l’opportunité. Main­te­nant que j’ai goû­té au plai­sir d’entreprendre, je créée­rai sûre­ment d’autres boîtes à l’avenir. Les choses ont fait que j’ai com­men­cé par là, mais je ne ferai pas ça toute ma vie je pense ! 

Ayman

INSA : un plan de sobriété, et après ? 

Dans un contexte de crise éner­gé­tique en Europe, le minis­tère de l’en­sei­gne­ment supé­rieur a détaillé des mesures à mettre en place dans la cir­cu­laire du 24 sep­tembre 2022. On y trouve notam­ment des objec­tifs de réduc­tion de 10% de la consom­ma­tion éner­gé­tique des éta­blis­se­ments publics en 2 ans. Notre école pro­pose un plan de sobrié­té com­plet qu’on va ten­ter d’analyser dans cet article. 

L’in­for­ma­tion cir­cule, l’IN­SA a vu ses fac­tures d’élec­tri­ci­té et de gaz explo­ser cette der­nière année. L’élec­tri­ci­té a aug­men­té de 2.5M€ et le chauf­fage de 1M€. Les expli­ca­tions don­nées par l’é­cole à pro­pos guerre en Ukraine et des fai­blesses du parc nucléaire fran­çais sont incom­plètes. Le four­nis­seur d’élec­tri­ci­té de l’IN­SA E‑Pango ayant fait faillite, l’é­cole s’est redi­ri­gée vers EDF occa­sion­nant un sur­coût pour l’établissement de l’ordre de 800 k€. 

Que contient ce plan ? 

Pré­ci­pi­té par ces impé­ra­tifs de crise, le plan de sobrié­té éner­gé­tique construit par la direc­tion de l’IN­SA vise un double objec­tif, consom­mer moins et consom­mer mieux. Consom­mer moins par de la réno­va­tion éner­gé­tique du parc immo­bi­lier débu­tée il y a plu­sieurs années, une meilleure exploi­ta­tion des ins­tal­la­tions tech­niques et des com­por­te­ments et des usages plus ver­tueux. Consom­mer mieux en amé­lio­rant le mix éner­gé­tique de l’établissement, en déve­lop­pant le recours aux éner­gies renou­ve­lables (réseau de chauf­fage urbain, pan­neaux pho­to­vol­taïques en auto­con­som­ma­tion) et en sup­pri­mant le chauf­fage au gaz natu­rel. 

Source : Ins­ta­gram enquete_insa

Le plan détaille ensuite un ensemble de mesures dont une part d’ordre orga­ni­sa­tion­nel, à l’é­chelle de l’é­ta­blis­se­ment et de ses enti­tés. Un temps envi­sa­gé, le télé-ensei­gne­ment ne sera pas déployé. Afin de réduire la consom­ma­tion éner­gé­tique des bâti­ments, le télé­tra­vail pour les per­son­nels sera déployé. Il est éga­le­ment évo­qué une opti­mi­sa­tion et une mutua­li­sa­tion de l’u­sage de cer­tains équi­pe­ments et appa­reils scien­ti­fiques. 

L’INSA sou­haite éga­le­ment mettre en place des mesures tech­niques de réduc­tion de la consom­ma­tion telles que : la réduc­tion des consignes de chauffe en période d’oc­cu­pa­tion et en période d’ab­sence, l’op­ti­mi­sa­tion de l’en­so­leille­ment des bâti­ments le jour et la conser­va­tion de la cha­leur la nuit, l’in­ter­dic­tion du chauf­fage indi­vi­duel, l’arrêt du chauf­fage dans les sani­taires et les cou­loirs réha­bi­li­tés après 2000, le rem­pla­ce­ment de la menui­se­rie simple vitrage, l’ar­rêt de la pro­duc­tion d’eau chaude sani­taire dans les bâti­ments d’en­sei­gne­ment, de recherche et ter­tiaires sauf pro­cess de recherche par­ti­cu­liers et les douches, la mise en veille de cer­tains équi­pe­ments (pho­to­co­pieurs), une cam­pagne pro­mou­vant l’ar­rêt des fri­gi­daires lors des périodes de vacances… 

Sous condi­tion de finan­ce­ment par le plan Rési­lience 2 (le plan éta­tique), l’IN­SA sou­haite rem­pla­cer des chau­dières à gaz par des PAC, pour­suivre l’i­so­la­tion ther­mique des bâti­ments, refaire l’ins­tal­la­tion d’un chauf­fage tout élec­trique dans une rési­dence et déployer une ins­tal­la­tion géo­ther­mie cou­plée au sys­tème de trai­te­ment de l’air de cer­tains amphis (pré­chauf­fer l’air en hiver, refroi­dir en été) 

Enfin, le plan de sobrié­té évoque un dis­po­si­tif par­ti­cu­lier en cas de sur-demande sur le réseau (Éco­watt orange ou rouge) afin de faire dimi­nuer la pres­sion par un arrêt des équi­pe­ments non essen­tiels et un report d’ac­ti­vi­té. Il est éga­le­ment fait men­tion d’un plan de conti­nui­té d’ac­ti­vi­té en cas de cou­pure du réseau élec­trique. Celui-ci n’est pas détaillé dans le docu­ment à notre dis­po­si­tion. Nous espé­rons que nous aurons connais­sance de ce plan avant que cela n’ar­rive. 

Que pou­vons-nous en tirer ? 

Mal­gré des années de mobi­li­sa­tion de l’IN­SA et des étu­diants sur les enjeux envi­ron­ne­men­taux, c’est le manque d’argent qui pré­ci­pite enfin un plan de sobrié­té consé­quent à toutes les échelles. Certes, l’INSA a déjà fait une grande par­tie du bou­lot (réno­va­tion ther­mique, sor­tie du char­bon…), et il faut recon­naître que ça va depuis des années dans la bonne direc­tion. Mais cer­taines mesures, déployables depuis des années sans inves­tis­se­ment n’ont pas été réa­li­sées. En outre il est mar­quant de consta­ter que le plan à notre dis­po­si­tion n’est pas chif­fré. Il n’y a aucun ordre de gran­deur sur la consom­ma­tion éner­gé­tique de l’IN­SA par type d’éner­gie, type d’u­sage, volume de prix. Nous n’a­vons aucune idée en le lisant des prio­ri­tés, leur temps de mise en place, leurs effets à court, moyen et long terme. Enfin, il n’y a pas de hié­rar­chi­sa­tion des actions en fonc­tion de leur : coût, gain, rapi­di­té, urgence, type (indi­vi­duel, col­lec­tif, struc­tu­rel). Il est sur­pre­nant pour une école d’in­gé­nieur de ne pas uti­li­ser les outils qui nous sont mis à dis­po­si­tion dans un tel contexte… 

À moyen terme, le risque de mon­dia­li­sa­tion du conflit rus­so-ukrai­nien et la réor­ga­ni­sa­tion des sys­tèmes éner­gé­tiques condui­ra à une ten­sion sur la res­source en stock et en flux. À long terme, le chan­ge­ment cli­ma­tique et la fini­tude des res­sources nous impo­se­ront une réor­ga­ni­sa­tion de notre monde. Il est évident que le sujet de l’éner­gie sera cen­tral ces pro­chaines décen­nies, et plus que néces­saire d’ou­vrir une réflexion à long terme sérieuse pour pen­ser la sobrié­té com­ment modèle à l’é­chelle de l’é­ta­blis­se­ment. Nous pou­vons faire énor­mé­ment avec les connais­sances que l’on nous enseigne. 

Anti­ci­pons demain !  

Mal­gré ce que peut lais­ser paraître cet article, le plan que l’IN­SA met en place est per­ti­nent et très com­plet. Main­te­nant il y a néces­si­té d’aller plus loin par le main­tien et le ren­for­ce­ment des mesures de sobrié­té, une évo­lu­tion des espaces de vie, de tra­vail, de dépla­ce­ment… et de pré­pa­rer une sobrié­té choi­sie, démo­cra­ti­que­ment orga­ni­sée, éclai­rée par de l’in­for­ma­tion, des études et des don­nées. En résu­mé, il me semble qu’il nous faut : 

  • Des don­nées ouvertes sur l’éner­gie à l’IN­SA 
  • Des dis­po­si­tifs de contrôle démo­cra­tique de l’ac­tion avec les moyens d’être éclai­rés sur les enjeux, les dif­fi­cul­tés etc. 
  • Une com­mu­ni­ca­tion régu­lière, argu­men­tée et pré­cise de la part de l’é­ta­blis­se­ment 
  • Une prio­ri­sa­tion des actions sur dif­fé­rents cri­tères 
  • Des scé­na­rios pré­pa­rés à l’a­vance pour répondre aux dif­fé­rentes situa­tions exceptionnelles.

Nico­las L. 

Coupe du monde au Qatar : un boycott trop facile

C’est la coupe du monde ! La coupe est pleine comme on dit : cor­rup­tion à tout va, scan­dales en cou­lisses, au moins 6500 ouvriers esti­més morts sur les chan­tiers dans des condi­tions de tra­vail qua­si-esca­la­va­gistes… Pour autant, le boy­cott a plu­sieurs angles morts, et si dans cer­tains cas il repré­sente une saine indi­gna­tion, dans d’autres, il res­semble à de la pure hypo­cri­sie. 

Alors, ça vous tente ou pas ? D’habitude la ques­tion se pose très peu : ça arrive tous les quatre ans alors on regarde gen­ti­ment et on sort les dra­peaux ! Mais là il y a comme un arrière-goût d’obscénité. Si encore on ne savait pas, ce n’est pas un sou­ci, on peut tou­jours faire sem­blant, mais avec toutes les enquêtes, rap­ports et repor­tages, la pos­ture de l’autruche est dif­fi­cile. D’autres rai­sons sont invo­quées aus­si : l’impact éco­lo­gique des stades cli­ma­ti­sés ou encore la culture du foot inexis­tante au Qatar. Plu­sieurs jour­naux titrent « coupe du monde de la honte ». Tou­te­fois la stra­té­gie du boy­cott est-elle appro­priée ou un peu facile, voire hypo­crite ? Peut-elle être effi­cace ou doit-on envi­sa­ger d’autres façons de contes­ter ? Mais avant d’enfiler le bleu de tra­vail, com­men­çons déjà par pré­sen­ter l’accusé : le Qatar, qu’est-ce que c’est ?  

Une « suc­cess sto­ry » à l’occidentale  

Pas­sé d’un minus­cule pays tota­le­ment mécon­nu après la fin du pro­tec­to­rat bri­tan­nique, peu­plé en grande par­tie par des familles de bédouins, à une puis­sance finan­cière, éner­gé­tique et diplo­ma­tique incon­tour­nable dans le pay­sage mon­dial, le Qatar a de quoi être fier ! Il a balayé toutes les étapes clas­siques du déve­lop­pe­ment à l’occidentale mais en quelques décen­nies seule­ment : exploi­ta­tion à fond des éner­gies fos­siles – 3ème plus grande réserve de gaz au monde après la Rus­sie et l’Algérie – ; déve­lop­pe­ment fré­né­tique et longue période de crois­sance à deux chiffres ; jeux d’influence pour échap­per aux vél­léi­té des voi­sins, en l’occurrence l’Arabie Saou­dite et l’Iran par les­quels il est pris en tenaille ; des gratte-ciel qui poussent comme des cham­pi­gnons dont 30 entre 2003 et 2008 ; impor­ta­tion en masse de main d’œuvre étran­gère ; consti­tu­tion pro­gres­sive d’un Etat pro­vi­dence encore plus « social » que la plu­part des démo­cra­ties euro­péennes : pour les citoyens qata­ris dont le nombre est autour de 300 000, l’éducation et la san­té sont gra­tuites ain­si que la plu­part des ser­vices publics, pas d’obligation de tra­vailler, reve­nus garan­tis, et une grande majo­ri­té de fonc­tion­naires !  

On peut se deman­der alors pour­quoi grand nombre de ces pays occi­den­taux pointent le Qatar comme un « sus­pect » dans le camp des puis­sants. Certes, il y a bien des che­veux dans la soupe : le pays prône un islam trop conser­va­teur et est régu­liè­re­ment accu­sé de finan­cer des groupes isla­mistes. De sur­croît les condi­tions de tra­vail y sont par­ti­cu­liè­re­ment atroces : outre le nombre incroyable des acci­dents, les tem­pé­ra­tures extrêmes, l’interdiction de se syn­di­quer, des ghet­tos insa­lubres… les tra­vailleurs sont sou­mis au bon vou­loir de leur « par­rain » via le sys­tème de la Kafa­la, abo­li depuis 2016 mais qui existe tou­jours en pra­tique (1), et ne peuvent quit­ter le ter­ri­toire sans son accord. Mais ces dif­fé­rences sont-elles si criantes que ça ? Le déve­lop­pe­ment maté­riel débri­dé implique for­cé­ment d’exploiter vio­lem­ment des popu­la­tions entières et les pays occi­den­taux sont bien pla­cés pour le savoir avec le couple escla­vage-colo­ni­sa­tion, grand cata­ly­seur de la crois­sance capi­ta­liste en Europe. L’histoire nous apprend aus­si que le rigo­risme reli­gieux tient peu en géné­ral face à ce «déve­lop­pe­ment». Dans quelques décen­nies de plus — le temps qu’une nou­velle géné­ra­tion prenne la relève — le Qatar sera pro­ba­ble­ment un pays pro­gres­siste comme un autre, et tout ira mieux dans le pire des mondes.  

Indi­gna­tions sélec­tives  

Source : Car­too­ning for peace

Si on se rap­pelle tout ça, l’attribution de la coupe du monde au Qatar est-elle vrai­ment plus scan­da­leuse qu’une attri­bu­tion à plein d’autres états ? Soit pas mal d’états dits « déve­lop­pés » puisque, en réa­li­té, com­bien peuvent pré­tendre avoir les mains propres ? Quid de la Rus­sie qui en 2018 s’était déjà illus­trée par ses attaques en Cri­mée ? Quid de la Chine, hôte des JO de 2008, et qui occa­sionne un trai­te­ment simi­laire aux Ouï­ghours ? Quid des Etats-Unis, hôtes de la CDM 2026 et cham­pions mon­diaux en fou­tage de bor­del au Moyen-Orient ? Par ailleurs, le bilan éco­lo­gique de cette coupe orga­ni­sée dans trois pays à la fois – US, Mexique et Cana­da — risque d’être beau­coup plus éle­vé rien qu’avec les dépla­ce­ments sur place !   

Ensuite quand on voit l’intrication per­ma­nente entre les inté­rêts du Qatar et les inté­rêts de plu­sieurs puis­sances dont la France en pre­mière place, dis­cu­ter d’un boy­cott ins­ti­tu­tion­nel ne va pas sans poser plein de ques­tions de cohé­rence :   

Peut-on boy­cot­ter le Qatar sans boy­cot­ter tous les matchs du Paris-Saint-Ger­main ? Filiale en plein Paris du soft power Qata­ri et grande source de reve­nus et de recon­nais­sance pour l’émirat ?   

Peut-on boy­cot­ter le Qatar sans boy­cot­ter une grande par­tie de nos besoins éner­gé­tiques ? Ce n’est cer­tai­ne­ment pas ce que l’Europe s’apprête à faire avec la crise qui arrive…   

Peut-on boy­cot­ter le Qatar sans boy­cot­ter tous les pays du golf qui pro­posent les mêmes condi­tions de tra­vail ? Et les contrats juteux d’entreprises de construc­tion occi­den­tales telles que Vin­ci qui tirent allè­gre­ment pro­fit d’une telle situa­tion pour amoin­drir leurs coûts ?   

Enfin, peut-on boy­cot­ter le Qatar sans boy­cot­ter la FIFA qui empo­che­ra des mil­liards grâce à la com­pé­ti­tion, qui est régu­liè­re­ment accu­sée de cor­rup­tion dans cette affaire et dont les cahiers des charges sont direc­te­ment res­pon­sables du gros impact éco­lo­gique de la com­pé­ti­tion ?  

Cette rapide démons­tra­tion de comp­toir ne vise pas à repous­ser l’idée en bloc, parce que l’indignation est tou­jours pré­fé­rable à l’indifférence. Mais sim­ple­ment à dire ceci : si boy­cott il doit y avoir, celui-ci doit être total et consé­quent. Sinon, on peut assi­mi­ler cela à de l’indignation sélec­tive. 

Que faire alors ?  

Amnes­ty Inter­na­tio­nal, une des pre­mières orga­ni­sa­tions à creu­ser le scan­dale des tra­vailleurs du Qatar a la pos­ture sui­vante : on sonne l’alerte sans pour autant appe­ler au boy­cott. De fait, cette alerte a été très utile puisque le Qatar a déjà en par­tie cédé aux pres­sions en abo­lis­sant sur le papier le sys­tème de la Kafa­la par exemple. Les ONG réclament aus­si un fonds d’indemnisation des vic­times. Une grosse pres­sion peut s’exercer sur la FIFA de l’autre côté pour la pous­ser à rever­ser une part de ses béné­fices aux familles des vic­times, voire à tous les tra­vailleurs des chan­tiers. Sans boy­cot­ter aus­si, on peut légi­ti­me­ment attendre de tout l’écosystème impli­qué : équipes, stars, entraî­neurs, spon­sors… d’être des vec­teurs d’alerte et de pro­po­si­tions au lieu de balan­cer des for­mules inin­tel­li­gentes et his­to­ri­que­ment fausses comme la fameuse « pas de poli­tique ici ».  

Fina­le­ment, le spec­ta­teur n’est peut-être pas le point cen­tral de cette affaire. Il est très peu pro­bable que cette coupe soit un flop, et ce qui importe n’est pas qu’elle réus­sisse ou pas – puisque le mal est fait – mais de conscien­ti­ser les pro­blèmes, d’associer au spec­tacle popu­laire du foot des signi­fiants poli­tiques très forts. Pour ma part, je regar­de­rai cette coupe du monde en espé­rant voir du chaos res­sor­tir : des ban­de­roles, des coups d’éclat, voir la médio­cri­té au grand jour de cette pénin­sule qui donne une ter­rible image du monde arabe et qui découvre le prix de ses ambi­tions, avec ses sup­por­ters sou­doyés et ses para­dis arti­fi­ciels, mais aus­si voir de pures larmes de joie, et — qui sait — des éclats d’authenticité bédouine per­dues quelque part entre les murs de béton…  

Enfin, vive le Maroc !  

P.S : cet article a été fina­li­sé un jour avant le coup d’envoi de la coupe du monde.  

Ayman 

(1) : Voir l’article du Monde Diplo­ma­tique en accès libre : Au Qatar, la « Kafa­la » pèse tou­jours. https://www.monde-diplomatique.fr/mav/156/BELKAID/58115

 

Un grillon dans nos coeurs

En juin der­nier, en fai­sant fort peu de bruit, un grand drame se pro­duit au cœur même du cam­pusde l’INSA. Le « chan­ge­ment » et le « pro­grès » frap­pa le res­tau­rant Le Grillon. Grand ama­teur dece der­nier depuis que je suis arri­vé à l’INSA, je me devais lui rendre hom­mage avec le plai­doyer­sui­vant, parce que je suis un sale réac­tion­naire triste et fâché *bruits de larmes et de désespoir*.

Mais qu’est-ce que le Grillon ?

Pour les chan­ceux arri­vants à l’INSA cette année et n’ayant aucune idée de la tra­gé­die ayant eu lieu *regard triste et envieux*, feu Le Grillon était un des res­tau­rants nour­ris­sant chaque midi, insa­liens et insaliennes.
Il avait la par­ti­cu­la­ri­té de pro­po­ser d’exquises pommes de terre aus­si fré­quem­ment que pos­sible en plus des entrées et des­serts habi­tuels. Plus qu’un res­tau­rant, c’était un com­pa­gnon du midi, que nous retrou­vions joyeu­se­ment seul ou en bande, affa­mé et avec la cer­ti­tude d’y man­ger bien et d’y pas­ser un agréable moment.

Le Grillon rem­pla­cé … mais par quoi ?

Mal­heu­reu­se­ment, les auto­ri­tés com­pé­tentes de l’INSA ont déci­dé d’essayer un nou­veau modèle de res­tau­ra­tion (je n’avais pour­tant jamais enten­du qui que ce soit s’en plaindre ?) Une période de test a été ouverte jusqu’au 30 sep­tembre où Le Grillon sera momen­ta­né­ment rem­pla­cé par l’IN’Snack qui, en plus d’avoir un jeu de mot nul pour patro­nyme, pro­pose des for­mules ou des pro­duits à l’unité comme dans une bou­lan­ge­rie typique.

Pour avoir tes­té on y pro­pose glo­ba­le­ment moins et pour plus cher. Sans pou­voir détailler trop lon­gue­ment, le prix de la for­mule la moins chère reste plus éle­vé qu’un repas prit à l’unité habi­tuel­le­ment (en tout cas avant les vacances). Si on veut pour moins cher, il faut choi­sir ses pro­duits sépa­ré­ment et donc accep­ter d’avoir moins à se mettre sous la dent. Avec cela, la quan­ti­té de déchets pro­duite par un repas devient mons­trueuse. Tout y est jetable, les embal­lages plas­tiques per­met­tant aux pro­duits d’être empor­té par des étu­diants pres­sés, les cou­verts et les assiettes également.

On pour­rait objec­ter que ce nou­veau mode de res­tau­ra­tion rem­place un grillon où on man­geait trop peu équi­li­bré, trop gras et salé. Certes, la fri­ture était son mode de cuis­son favo­ri pour les pommes de terre mais accom­pa­gné de cru­di­tés, d’un fruit, de légumes cuits et de por­tions pro­téiques, le repas était plu­tôt équilibré.

Reste le pro­blème des sauces évi­dem­ment jamais très bonnes pour la san­té sur le long terme mais réjouis­sons-nous de vivre dans un pays où il est pos­sible d’être libre de faire n’importe quoi de son corps !
Soit dit en pas­sant, l’IN’Snack pro­pose chaque jour à la vente une quan­ti­té affo­lante de pâtis­se­ries, muf­fins et autres cookies qui sont d’autant de ten­ta­tions sucrées et peu saines pour nous autres pauvres mortels.

Un bilan dans le rouge et une déci­sion uni­la­té­rale

En bref moins de nour­ri­ture pour plus cher, une pro­duc­tion accrue de déchets et des des­serts fort peu sains, ce « chan­ge­ment » ne semble pas rece­ler le moindre avan­tage, sur­tout lorsque l’option Pré­vert existe déjà pour les pres­sés ou les gens pré­fé­rant déjeu­ner chez eux seuls, plon­gés dans le noir et mau­gréant sur la vie.

Encore un pro­blème ! Cette déci­sion de l’INSA ne semble pas du tout avoir deman­dé l’avis des étu­diants ou du per­son­nel y déjeu­nant quo­ti­dien­ne­ment et qui sont les prin­ci­paux concer­nés. Un employé de l’ancien Grillon n’avait pas l’air content non plus de ce chan­ge­ment et m’a même recom­man­dé d’aller me plaindre à ceux ayant orches­tré cette sombre machi­na­tion. Ce que j’ai natu­rel­le­ment fait en envoyant un mail à restaurants@insa-lyon.fr.
J’encourage les quelques déçus comme moi à faire de même pour essayer de redon­ner au Grillon sa flamme d’antan.

” Parce qu’action rime avec Révo­lu­tion et Révo­lu­tion avec Grillon. ”

Gas­tro­no­mi­que­ment

Simon

L’Alir en 3(cent cinquante et un) mots

« Qui, quoi, com­ment, où et quand ? » — faut que j’arrive à tout caser. Pas facile,hein, d’écrire un article de presse.

Alors, « qui » : bon, ça, c’est facile. On parle de l’Alir ici, l’Association de Lit­té­ra­ture de l’INSA qui Recrute, quand même !
Hop, « quoi », main­te­nant. Huh. Bah ça dépend pour qui, en fait. Y’a pas mal de pro­fils dif­fé­rents à l’Alir… On a les zigo­tos qui viennent pour convaincre les autres de lire leur bou­quin pré­fé­ré, his­toire d’avoir enfin des gens avec qui en par­ler, cel­leux qui en sont plus que ravi.e.s puisqu’iels sont là pour décou­vrir de nou­velles lec­tures – sans par­ler des écrivain.e.s en herbe. Elle est pas mal, notre petite com­mu­nau­té d’écriture/relecture/conseils en tous genres, quand même. Tiens, je vais mettre

« L’Alir accueille toustes les amou­reuxses de lit­té­ra­ture du campus ».

Voi­là. Clair, net, pré­cis et flou en même temps : parfait.
Ok, main­te­nant « com­ment ». Com­ment on accueille les amou­reuxses de lit­té­ra­ture, du coup ? Bon, déjà, y’a les clubs lec­ture une fois par mois, où on se réunit pour dis­cu­ter d’un bou­quin qu’on a toustes lu. Ah, je vais pré­ci­ser que le livre est choi­si par un vote sur notre ser­veur Dis­cord, la démo­cra­tie ça fait tou­jours joli ces temps-ci – merde, je m’égare.

Dooonc, y’a les ate­liers d’écriture deux fois par mois aus­si. Allez, j’ajoute qu’ils sont ani­més par des membres de l’asso, parce que c’est quand même la classe !
Et puis aus­si qu’on n’est pas obligé.e de venir régu­liè­re­ment, ni d’avoir un quel­conque niveau pour com­prendre ce qui se passe – vu qu’on aborde tout le temps de nou­veaux thèmes. À part ça, y’a bien les per­ma­nences, les mil­liards de pro­jets et tout, mais bon, qui ça intéresse ?

Manque plus que « où » et « quand ». Trop facile : l’AG de recru­te­ment, c’est le 27 sep­tembre à 20h dans l’amphi de la BMC ! D’ici-là, y’a tou­jours les mails, Dis­cord, ins­ta ou face­book pour les questions.
Bon bah voi­là, c’est fini ! Iels ont inté­rêt à être content.e.s, les copaines de l’Insatiable. Hein.

L’A­lir

Engageons-nous !

Salut cama­rade ! Si toi aus­si t’as la fibre consta­taire et plein d’i­dées d’ac­tions dans tous les sens… IE est fait pour toi ! On te pré­sente rapi­de­ment ce qu’on fait dedans

Ingénieur.e.s Engagé.e.s Lyon est l’asso poli­tique du cam­pus, née en 2018 à la suite du docu­men­taire « Ingénieur.e pour Demain » (tou­jours dis­po­nible sur You­Tube et tou­jours d’actu), et où règne depuis un regard de méfiance face au monde, de la bonne humeur, et une éner­gie infa­ti­gable pour bou­ger les imaginaires !
Pour­quoi le poing ser­ré ? Parce que, comme des petits doigts, nous sommes plus forts et plus construc­tifs ensemble ! Parce que seuls on tremble plus faci­le­ment face au vent des incer­ti­tudes, angoisses et malaise de se pro­je­ter comme les futurs rouages de la socié­té capi­ta­lis­to-libé­ra­lo-tech­no-et-com­pa­gnie (vous voyez le truc).

Parce qu’à plu­sieurs on peut plus faci­le­ment s’échanger des idées, par­ta­ger nos par­cours de réflexion, faire des actions, apprendre et faire apprendre. Parce que nous réunis­sons des étu­diants en quête d’autre chose, pour les­quels la réus­site sociale n’a ni impor­tance ni sens com­pa­rée aux enjeux éco­lo­giques et socié­taux aux­quels nous fai­sons face !

Alors si vous n’êtes pas non plus à l’aise dans le « sys­tème » vous pou­vez pas­ser venir et refaire le monde autour de débats, expo­sés, pro­jec­tions de docu­men­taires, arpen­tages de livres, ou car­ré­ment vous impli­quer au max et orga­ni­ser de grosses confé­rences pour invi­ter des voix alter­na­tives à s’exprimer sur les bancs de l’INSA ! Toute action pour repo­li­ti­ser le tra­vail de l’ingénieur, visi­bi­li­ser d’autres façons de pro­duire, d’autres modes de gou­ver­nance, des tech­niques plus sobres et plus démo­cra­tiques, est la bienvenue !

Au pas­sage IE Lyon c’est aus­si un dis­cord avec plein de chan­nels dif­fé­rents pour réagir aux actus – où tu peux faire irrup­tion en péné­trant le lien en bas -, s’envoyer des memes ou des pro­po­si­tions d’évènements exté­rieurs, et un local par­ta­gé avec nos chouettes copains d’Exit, équi­pé de cana­pés confor­tables et d’une petite biblio­thèque mili­tante. Si tu veux cau­ser et sou­te­nir la cause, passe tchat­cher avec nous au forum des assos le jeu­di 22 sep­tembre (et nous rejoindre après).
Notre dis­cord : https://discord.gg/8paYBbYXkp

IE Lyon